distinction entre le merveilleux et le fantastique

 

Distinction entre le merveilleux et le fantastique 

Merveilleux et fantastique

Les récits merveilleux et fantastiques peuvent paraître très proches ; leur différence fondamentale est l'appréciation face au surnaturel :

  • dans un récit merveilleux, les données du monde surnaturel sont acceptées comme allant de soi par le lecteur, on observe de sa part une confiance, une crédulité, l'auteur ayant bien ménagé l'arrivée du merveilleux pour qu'il passe inaperçu. Personne ne s'étonnera donc dans un conte de fées de l'existence de dragons ou des sorcières.
  • le fantastique reste ancré dans la réalité. L'événement surnaturel n'est pas admis comme tel ; il crée une hésitation de la part du héros et du lecteur, qui peuvent soit trouver une explication rationnelle de l'événement, soit pencher pour son caractère surnaturel. Mais le fantastique prend fin dès qu'une réponse tranchée est apportée2.
Le merveilleux et le fantastique
Contrairement au fantastique, le merveilleux n’entretient pas d’ambigüité entre ce qui existe réellement et ce qui paraît surnaturel. Le merveilleux ne nécessite aucune justification et se donne pour tel.
Roger Caillois, dans Images, images,Broché,1987, distingue soigneusement féerie et fantastique : « Dans chaque cas, il y a surnaturel et merveilleux. Mais les prodiges ne sont pas identiques, ni les miracles interchangeables » ; alors que le fantastique « manifeste un scandale, une déchirure, une irruption insolite, presque insupportable dans le monde réel, le féerique est un univers merveilleux qui s’ajoute au monde réel sans lui porter atteinte ni en détruire la cohérence » . 
Les définitions des deux genres sont donc en fait opposées. Le fantastique ne peut inquiéter que dans un monde moderne réglé par la science ; le merveilleux relève d’un état de civilisation très ancien où rien encore n’est expliqué. Le fantastique installe un climat de peur, d’épouvante dans un monde le plus réaliste possible, alors que le merveilleux sous-tend une histoire heureuse dont on sait d’emblée qu’elle est fictive. Le merveilleux ne cherche pas à rationaliser le surnaturel, à l’expliquer. En revanche, dans le fantastique, le lecteur ne doit pas se sentir d’emblée dans le surnaturel, il doit douter. Le fantastique a atteint son but lorsqu’il provoque un sentiment de malaise chez le lecteur qui découvre un monde inquiétant à mi-chemin entre le monde réel et l’autre monde.


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